Le grand salon africain de critiques et débats constructifs

Osons exprimer ce que nous n'avons pas peur et honte de penser.

Ce que je savais :
“ Tout ce qui travaille au développement de la culture travaille aussi contre la guerre ”( S. Freud, 1932)
C'est que je sais :
Tout ce qui travaille au développement des valeurs démocratiques travaille aussi contre la dictature.

Qu'en pensez-vous ?
Modifier la constitution pour s'éterniser au pouvoir favorise ou ne favorise pas l'alternance démocratique en Afrique ?

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Réponses à cette Discussion

salut Guezo. pour ma part, je dirai tout simplement que modifier la constitution pour s'éterniser au pouvoir favorise tout simplement l'alternace entre le jeu démocratique et la dictature. Ou disons youy simplement que c'est un pont qui part du pour aboutir au second.

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Tu peux m'expliquer ta pensée comme tu expliquerais à un enfant de 12 ans.
Je ne saisis pas bien l'histoire du pont ....

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je ne suis pas vraiment surpris de ce sujet de l'ami Guezo. Sujet très bien réfléchi. D'abord je tiens à dire que l'assertion de Freud embrasse une réalité dont j'ai pu moi même être témoin ( ainsi que beaucoup de personnes vivant en Côte d'Ivoire, si elles ont fait vraiment attention). Je m'explique donc (comme un enfant de 12 ans :-) ): La "sale guerre" que nous avons connue en Côte d'Ivoire n'a pas vraiment eu un fort impact dans l'esprit des Ivoiriens, car la culture était pour nous donner une situation de paix. C'est d'ailleurs en plein crise ivoirienne que le phénomène "coupé décalé" est né et a explosé partout dans le monde. Il faut aussi faire une clin d'oeil au sport (les éléphants de Côte d'Ivoire avec notre Drogba national). D'ailleurs chez nous le sport et la culture font presqu'un (on a des footballeurs chanteurs rire...).
Pour faire plus sérieux, je peux dire que pour ce qui concerne la modification ("tripatouillage") des Constitutions pour s'éterniser au pouvoir, c'est l'une des grande plaie de l'Afrique. C'est presque révoltant de constater de telle ......... Les chefs d'Etats africains conçoivent la Constitution comme un élément de leur patrimoine dont il peuvent en disposer à bon ou mal gré. L'alternance démocratique en Afrique? J'ai failli dire que l'Afrique s'en f..... mais bon je reste convaincu qu'autant quelque soit la longueur de la nuit, le jour vient, l'alternance démocratique en Afrique sera une réalité. Mais avant, travaillons beaucoup pour changer cette Afrique qu'on aime tous. Car on n'a pas deux (2) Afriques, on en a qu'une seule.

Merci

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Cher Arsène,
Les réflexions que nous partageons dans ce grand salon autour de l'alternance démocratique
en Afrique est un vaste programme.

Oui, tout un programme que nous devons écrire pour construire la nouvelle Afrique comme on construit une voiture dans laquelle chaque citoyen doit tenir le volant des vertus de la démocratie qui le conduira vers un avenir prospère.

En s'inspirant des grands panafricanistes qui souhaitent l'unité africaine et qui ont porté en eux les profondes cicatrices de l'esclavage et de la colonisation, nous devons relever ce défi sans se soucier du passé mais réécrire une autre histoire de l'Afrique.

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Poser la question de la sorte, c'est attendre la seule réponse a priori possible, la seule qui fait couler tant d'ancre et des milliers d'octets: une constitution tripatouillée interdit l'alternance démocratique.
En réalité, l’assertion se discute si on accepte de s’affranchir d’une posture simpliste, celle du moralisateur, du philosophe ou du polémiste qui refuse de penser la complexité.
Pour ouvrir le débat, je dirais qu’à elle seule une constitution, même tripatouillée, n’explique pas pourquoi il y a eu ou il n’y a pas eu d’alternance démocratique, car le droit ne fait pas l’élection. Des réflexions de constitutionnaliste sans parti pris que vous trouverez davantage développées sur mon site LA CONTITUTION EN AFRIQUE http://www.la-constitution-en-afrique.org/

Au plaisir d’échanger

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Quelle pensée devrions-nous avoir sur la complexité de la CONSTITUTION EN AFRIQUE.
Merci de nous éclairer Mr Bolle.

Sans même tripatouiller la constitution, des chefs d' Etats restent au pouvoir pendant 40 ans ou jusqu'à leur mort.

Vous dites que le droit ne fait l'élection mais beaucoup se servent du droit constitutionnel une fois modifié pour ce faire élire.

Une élection parfois contestée par l'opposition parce que des fraudes se sont avérées.

Au plaisir d'échanger...

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Cher ami Guezo. ce que j'ai tout simplement voulu dire c'est que modifier la constitution pour s'éterniser au pouvoir mène (pont) tout simplement à la dictature. surement ne me suis je pas bien exprimé. je voulais dire que c'est un pont qui part du premier (du jeu démocratique) au second (voulant parler de dictature) Merci

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Mes amis,
Une fois n'est pas coutume. Je n'ai pas l'habitude de prendre la parole. Vous avez remarqué que depuis que je me suis inscrit sur cette plate-forme, je ne suis jamais intervenu dans aucun débat.
C'est que je juge, que le temps des débats et des interrogations est définitivement révolu. Nous savons tous aujourd'hui de quels maux souffre l'Afrique et qui sont les auteurs. Que ceux qui ne le savent pas encore aillent à l'école de la connaissance et après ils pourront.
Car l'un des premiers maux dont souffre notre continent est celui de l'ignorance et de l'inculture.
Nous savons tous aujourd'hui pourquoi les présidents changent les constitutions. Pourquoi le militaires font encore des coups d'état et sont ensuite élus comme présidents.
NOus savons tous aujourd'hui, pourquoi les médias internationaux préfèrent vilipender GBADO et MUGABÉ, plutôt que BONGO, FAURE ou SASSOU...
Donc je n'ai pas envie que nous continuons à débattre de pourquoi, etc etc....
Mainenant, je veux débattre de "Comment?".
Comment chasser les dictateurs et leurs parrains?
Comment redonner à l'Afrique sa place dans le concert des Nations?
Comment récupérer les biens et richesses naturelles de l'Afrique au profit d'abord de ses populations?
VOus avez des idées?
Allons-y.

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Cher Romain,

Nous partageons tous ce que tu dis dans ta réponse.
Mais le débat démocratique est aussi important car il permet de semer
des idées.

Pour répondre à tes questions relatives au devenir de l'Afrique je te proposes mes
modestes idées


Comment chasser les dictateurs et leurs parrains?
Par une révolution culturelle en réinventant une approche éducative et civique
basée sur le respect des valeurs démocratiques et l'Amour de la patrie.

En effet, dans les traditions africaines nous respectons la chose sacrée dans notre famille ou collectivité mais nous nous arrangeons à ne pas respecter les règles de la vie démocratique et républicaine.

Pourquoi ? Je pense que c'est parce que la République nous a été offerte comme les Indépendances ont été accordées par la France à certains pays africains.

Les français aiment leur République parce qu'ils sont faits la Révolution en guillotinnant leurs Rois pour faire court et simple. rires

Quelle Révolution si ce n'est pas celle de changer nos mentalités et notre rapport avec l'Etat en tant que insititution.

Combien de fois ne dsions nous pas c'est l'Etat qui paie alors gaspillons !
Dans une démocratie moderne, le citoyen dira c'est l'argent des impots, il souffre pour le payer alors faisons attention !
bref

Nous avons un problème avec notre passé basé sur le culte du chef et du sacré et les valeurs
démocratiques partagées par tous!

Voilà ce que je pense en réponse à ta première question .

Je prendrais le temps de répondre plus tard aux questions suivantes :

Comment redonner à l'Afrique sa place dans le concert des Nations?
Comment récupérer les biens et richesses naturelles de l'Afrique au profit d'abord de ses populations?
VOus avez des idées?

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Pour saisir la complexité de la chose, je vous invite et j'invite tous les membres de CRITICAFRIC à lire et à commenter les billets de mon site qui fête, à compter du 22 septembre 2009, son deuxième anniversaire. Vous trouverez sur LA CONSTITUTION EN AFRIQUE (http://www.la-constitution-en-afrique.org/) un éclairage différent, celui d'un constitutionnaliste sans parti pris, sur la chose constitutionnelle.

Pour répondre plus directement et succinctement à vos interrogations, je dirais que:

- L'instrumentalisation du droit ne fait pas à elle SEULE l'élection. Ainsi, par exemple, l'élection d'Ali Bongo n'a pas été dictée par la constitution gabonaise qui prescrit que la présidentielle se déroule en un seul tour. Sachant que les résultats officiels accordent plus de 50% à ses deux principaux concurrents, n'est-elle pas aussi et surtout due à la pléthore de candidats et à l'impossibilité pour les opposants de se donner un candidat unique capable de l'emporter?

- Il n'y a pas d'élection sans contentieux, y compris dans les "vieilles démocraties". Dès lors, je ne crois pas raisonnable de considérer automatiquement comme frauduleuse une élection qualifiée comme telle par les perdants. Si fraude électorale il y a, n'oublions jamais que beaucoup d'acteurs trichent et pas seulement dans la mouvance au pouvoir. Pour reprendre l'exemple de la présidentielle au Gabon, pouvons-nous vraiment juger crédible chacun des deux principaux rivaux dès lors qu'il prétendait à la victoire? Ce n'est pas parce que vous êtes opposant que tout vous est permis et que vous avez nécessairement raison. En tout cas, pas en droit.

Bien entendu, j'aurais d'autres exemples. A voir sur LA CONSTITUTION EN AFRIQUE (http://www.la-constitution-en-afrique.org/)

Au plaisir d'échanger



GUEZO YAMONGBE HUBERT a dit :
Quelle pensée devrions-nous avoir sur la complexité de la CONSTITUTION EN AFRIQUE.
Merci de nous éclairer Mr Bolle. Sans même tripatouiller la constitution, des chefs d' Etats restent au pouvoir pendant 40 ans ou jusqu'à leur mort.

Vous dites que le droit ne fait l'élection mais beaucoup se servent du droit constitutionnel une fois modifié pour ce faire élire.

Une élection parfois contestée par l'opposition parce que des fraudes se sont avérées.

Au plaisir d'échanger...

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La démocratie à des principes. Le respect de ses principes passe inévitablement par certaines valeurs républicaines, sociales ainsi que des valeurs morales et éthiques.

L'alternance est une valeur républicaine de la démocratie. Dans sa considération politique, elle exige le droit de permettre à travers une élection de changer de régime politique. Moralement, cela fait appel au bon sens, à la reconnaissance de ses propres limites face à certain défis.

Ainsi, la modification d'une constitution n'est ni un principe démocratique, encore moins une valeur. S'éterniser au pouvoir en modifiant la loi fondamentale ne peut en aucun cas d'apparenté à une forme quelconque d'alternance.

Le seul moyen de réaliser une alternance est l'élection. Les conditions pour réaliser une bonne alternance sont les suivantes:
1. il faut prévoir la période de l'alternance de sorte que tous ceux qui souhaitent être au pouvoir puisse se présenter
2. Il faut définir les règles de l'alternance de façon consensuel et sans aucune exclusion.
3. Faire la publicité des règles.
4. Confier l'observation des règles à un organisme indépendant, neutre qui travaille dans l'interêt de tous et en bonne foi
5.Définir des délais pour l'organisation des élections.
6.Donner le verdict des urnes en toute transparence.
7.Accepter le résultat quel qu'il soit.

En définitive, l'alternance, dans une société démocratique pluraliste, c'est la succession au pouvoir de diverses tendances politiques.

Le problème dans certains pays d'Afrique, c'est que l'exercice du pouvoir d'État n'est jamais perçu comme une fonction, une mission ou mieux, comme un moyens de se réaliser en faisant le bonheur d'un peuple pour une période définie par ce peuple.

Pour beaucoup de nos concitoyens qui aspirent à nous gouverner, être au pouvoir est la fin d'une carrière politique, un moyens de faire le bonheur d'un clan, plutôt que d'un peuple. Et dans un tel contexte, tOus ceux qui désirent le fauteuil dans lequel le peuple nous a gracieusement installé, ou dans le quel nous nOus sommes installé en marchant sur les cadavres, est un ennemi qu'il faut combattre par tous les moyens.

Autre chose! l'alternance semble être pour nous la possibilité de passer la main au frère, au cousin, au fils, au père, à la mère, à l'ami, bref à un membre du clan.
ALTERNER = CHANGER DE FUSIL D'EPAULE ???????

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Bonjour à tous,

Je ne saurais rester sans réaction sur les propos de M. Da Costa, pour qui : « (…) le temps des débats et des interrogations est définitivement révolu. ». Je me convaincs bien de croire que par « débats et interrogations » il voulait sans doute parler de polémiques creuses et de questions infécondes. Car qui douterait encore au 21ème siècle que c’est la réflexion qui précède l’action et le progrès ? Bref !
Je me réjoui par ailleurs de la précision apportée par Me BOLLE qui indique que : « L'instrumentalisation du droit ne fait pas à elle SEULE l'élection ». Bien qu’étant d’accord avec cette précision, je crois qu’il est nécessaire d’expliciter que l’intention plausible de ces « tripatouilleurs » de Constitution est de s’arroger une légitimité (aux yeux des communautés nationale et internationale). Et à juste, titre je ne pense pas que le cas Ali Bongo puisse servir d’illustration. Le problème Ali Bongo n’est pas du tout d’ordre constitutionnel. Dans cette affaire, on parle de fraude, de parrainage actif de la France... J’estime pour ma part que l’instrumentalisation du droit fait en GRANDE partie l’élection et surtout en Afrique.
Pour ce qui concerne les contentieux électoraux évoqués par Me BOLLE, je suis bien de son avis, et je souhaiterais faire remarquer que la situation de contentieux électoraux est à l’image de la sphère politique en Afrique. En Afrique, le principe est que « l’opposition » est toujours la « victime ». D’ailleurs sans intention accusatrice, je trouve que les médias européens ont longtemps étiqueté la politique africaine où on a toujours d’un côté un pouvoir oppressant et d’un autre côté, une opposition oppressée. Y a qu’en Afrique qu’on parle toujours d’opposition. En Europe (en France singulièrement), il s’agit de la gauche et de la droite ou d’autres tenants de courants politiques (centristes, travaillistes…). Est-ce à dire qu’en Afrique on n’est pas capable de soutenir des courants politiques ou programmes politiques plutôt que de se focaliser sur des considérations personnelles ?
Pour revenir aux questions -intéressantes- de M. Da Costa, je me permets d’apporter que des éléments de réponse aux dernières questions car la réponse de l’ami Guezo à la première emporte mon soutien. En effet, à la question de savoir comment l’on pourrait redonner à l’Afrique une place dans le concert des Nations, je propose que l’Afrique redéfinisse ses rapports de coopérations ou autres avec ses interlocuteurs, tout en s’évertuant, en aval, au travail qui constitue un moyen de créer son « auto-dépendance ». Ce travail là sera celui qui favorisera un essor économique. J’insiste sur l’aspect travail, car l’Afrique ne travaille pas vraiment. Des services publics aux entités privées, quels que soient le secteur, les africains ne sont pas du tout dans le travail pour l’intérêt de tous. Pour ce qui concerne le comment de la récupération des biens et richesses naturelles de l’Afrique au profit d’abord de ses populations, je propose que l’Afrique décide vraiment et applique la politique de la transformation de ses biens et richesses par elle-même, tout en réduisant considérablement le marché accordé aux transformateurs étrangers. J’appuie mon choix sur le fait que l’Afrique est le seul continent aux ressources naturelles potentielles qui ne s’occupe pas elle même de sa transformation.

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